La session du Conseil régional des 11 et 12 décembre 2025 s'est ouverte avec un débat crucial sur les orientations budgétaires pour l'année 2026. Le président Loïg Chesnais-Girard a souligné un contexte de grande incertitude politique, où la responsabilité de la Région est mise à l'épreuve par des choix budgétaires nationaux qu'il juge défavorables aux collectivités. La Région Bretagne, avec un budget d'environ 2 milliards d'euros, se voit contrainte par une demande de réduction du déficit de l'État jugée disproportionnée.
Stéphane Perrin-Sarzi, vice-président en charge des finances, a détaillé la méthodologie d'élaboration du budget, intégrant une perte de recettes de 40 millions d'euros due au projet de loi de finances national. Il a dénoncé une double disproportion de l'effort demandé aux collectivités et, en particulier, aux régions. La suppression de la TVA au profit d'un retour à la DGF et la diminution des fonds pour des programmes essentiels comme les formations professionnelles sont perçues comme des trahisons de l'État.
Face à cette situation, la Région réaffirme sa priorité d'investir dans l'avenir de la jeunesse, l'emploi et la résilience du territoire. Des investissements dans les lycées, les transports, les infrastructures portuaires et numériques sont maintenus. Cependant, des choix difficiles s'imposent, avec une baisse des dépenses de fonctionnement de 40 millions d'euros pour la deuxième année consécutive. Le président a insisté sur la protection des budgets dédiés à la culture, au sport et aux langues de Bretagne, considérés comme un socle essentiel de l'identité régionale.
Les interventions des groupes politiques ont reflété une diversité d'approches face à ces défis. Le groupe 'Bretagne ma vie' a appelé à une décentralisation accrue et à l'expérimentation de nouvelles formes de démocratie. Les 'Écologistes de Bretagne' ont critiqué le manque de clarté de l'action publique régionale et ont plaidé pour une sanctuarisation des budgets liés à la biodiversité. Le 'Rassemblement national' a dénoncé un 'ouine-ouine' de l'exécutif régional et a contesté la gestion budgétaire, tandis que 'Nous la Bretagne' a salué une évolution du discours de la majorité vers une plus grande rigueur. Le groupe 'Breizh a-gleiz' a pointé le problème de démocratie lié au manque d'autonomie financière de la Région. Enfin, 'Bretagne Centre Gauche' et 'Bretagne Sociale Démocrate, écologiste et régionaliste' ont réaffirmé la nécessité de faire preuve de sérieux budgétaire tout en maintenant le cap des investissements et des services publics de proximité.
