La Commission européenne a récemment dévoilé un plan visant à sécuriser les approvisionnements en matériaux stratégiques, dans un contexte où la Chine contrôle une large part de ces ressources mondiales. Cette initiative européenne a ravivé le débat sur la question minière en Bretagne, une région dont le sous-sol est réputé receler des minéraux convoités. Valérie Tabart, du groupe 'Breizh a-gleiz', a interpellé le président sur l'octroi récent de trois permis exclusifs de recherche minière (PERM) en Ille-et-Vilaine et dans le Morbihan, portant les noms de divinités celtiques : Epona, Taranis et Bélénos.
Les habitants, élus et acteurs socioprofessionnels des territoires concernés sont inquiets des 'impacts délétères sur l'eau, l'air et les ressources' de ces projets. V. Tabart a rappelé le passé minier de la Bretagne et les préoccupations environnementales liées à l'extractivisme (voracité en eau et énergie, résidus toxiques, risque radioactif). Elle a souligné que, si la région a déjà voté contre l'extension de mines dans des zones protégées, la problématique va au-delà, avec une dépendance quasi-totale de l'Europe en métaux essentiels pour la transition énergétique, un enjeu de souveraineté économique pour la Bretagne.
La conseillère régionale a insisté sur la nécessité de concilier 'réindustrialisation de l'Europe et exigence de soutenabilité', plaidant pour une trajectoire de sobriété et de développement du recyclage. Elle a demandé au président si la question minière serait inscrite dans la révision du Schéma Régional d'Aménagement, de Développement Durable et d'Égalité des Territoires (SRADDET) et si un large débat public serait engagé au Conseil régional de Bretagne sur ce sujet.
Ronan Pichon, vice-président en charge de l'environnement, a reconnu le dilemme entre l'affranchissement des dépendances et le respect de l'environnement. Il a rappelé l'engagement de la Région à 'bâtir un modèle économique et sociétal qui respecte les limites planétaires' et a refusé 'l'illusion d'une extraction minière propre'. Il a souligné la priorité de réduire les déchets, d'encourager le réemploi et de développer l'économie circulaire. Bien que la compétence de délivrance des permis miniers relève de l'État, la Région 'ne soutiendra aucun projet incompatible avec des objectifs de protection du vivant et de reconquête de la qualité de l'eau', une priorité également affichée lors des discussions sur la crise agricole et alimentaire en Bretagne. Il a également précisé que la question minière sera intégrée dans la révision du SRADDET à l'occasion d'un débat démocratique, tout en notant que les décisions de l'État impactent souvent les territoires, comme on le voit avec l'évolution de la science de la mer ou l'aménagement foncier. Le président Loïg Chesnais-Girard a ajouté qu'il était important de regarder aussi le sujet des matériaux de construction comme le gravier et le sable, dans un climat d'incertitude nationale pesant sur les budgets locaux.
