La crise agricole et alimentaire qui secoue la France a pris une dimension particulièrement préoccupante en Bretagne, première région agricole du pays. Tristan Bréhier, du groupe 'Nous la Bretagne', a interpellé l'exécutif régional sur 'l'ampleur historique' de cette crise, rappelant 'l'effondrement de 93% du solde de la balance commerciale agroalimentaire française' et une forte érosion du tissu productif breton, notamment dans l'élevage (baisse de 16% du cheptel laitier en 6 ans, chute de 36% des revenus des exploitants en 2023).
Arnaud Lécuver, vice-président en charge de l'agriculture, a reconnu la gravité de la situation lors de cette session du Conseil régional de Bretagne, soulignant que la Région, bien que n'étant pas compétente pour fixer les accords de libre-échange ou les tarifs douaniers, agit concrètement. Il a détaillé trois axes de réponse régionale : 1) le renforcement du dispositif Agri-Invest pour soutenir l'investissement dans les filières et leur autonomie, avec une augmentation de 36% de la dotation jeunes agriculteurs (DJA) et une aide spécifique de 8 000 euros pour les nouveaux éleveurs bovins. 2) l'investissement dans les bâtiments d'élevage, avec 85% des aides aux investissements dans les fermes concernées par l'élevage. 3) la promotion du 'manger breton' via la campagne 'En toute saison, mangeons breton', s'inscrivant dans une démarche de souveraineté économique pour la Bretagne, et le soutien aux achats pour les cantines lycéennes.
Le vice-président a également insisté sur la nécessité de 'questionner notre modèle' agricole face au changement climatique, aux attentes sociétales et aux tensions internationales. Il a réaffirmé l'engagement de la Région à 'produire pour nourrir, produire durablement pour nourrir longtemps', en décarbonant les usines industrielles grâce au pass IAA (50 millions d'euros sur le mandat). Le président Loïg Chesnais-Girard a rappelé l'importance de faire confiance aux régions au moment de définir une orientation budgétaire 2026 cohérente. Il a souligné que la Région défendait les agriculteurs "hors de toutes polémiques", particulièrement sur le sujet du Mercosur et l'agriculture bretonne, rappelant qu'elle avait "voté à l'unanimité" un vœu demandant au gouvernement de s'opposer à l'accord UE-Mercosur.
