La session plénière du Conseil Régional de Bretagne a été l'occasion d'examiner la carte pluriannuelle des formations professionnelles initiales sous statut scolaire, présentée par Forough Dadkhah, vice-présidente en charge de ce dossier. La Région fait face à un défi démographique majeur : une diminution des effectifs lycéens de 15% d'ici 2040, avec une prévision de 3 870 élèves en moins dès la rentrée 2026. Cette situation, couplée à des dotations de l'État basées sur ces effectifs, contraint la collectivité à agir, notamment à travers son plan Agir pour nos lycées publics pour maintenir une offre de formation de qualité.
Pour 'ne pas subir et agir', la Région a adopté une démarche de construction d'une carte pluriannuelle en concertation avec les autorités académiques, les partenaires sociaux et les branches professionnelles. Le principe directeur est clair : chaque ouverture de formation doit être compensée par une fermeture équivalente. Pour la rentrée 2026, 16 ouvertures et 15 fermetures sont proposées, bien que ces fermetures génèrent des tensions, notamment en raison de la 'décentralisation partielle et mal réfléchie' des compétences, où la Région définit la carte, mais le rectorat gère les moyens humains.
Loïc Le Hir a souligné la nécessité d'améliorer la concertation, regrettant un manque d'information pour les groupes non représentés au Comité régional de l'emploi, de la formation et de l'orientation professionnelles (CREFOP). Il a aussi critiqué la 'brutalité' des annonces de fermetures et la priorisation de l'enseignement privé dans certaines filières. Aurélie Le Goff a questionné la méthode 'technocratique' et a dénoncé une 'approche comptable' qui néglige d'autres priorités budgétaires, dans un contexte d'incertitude sur l'orientation budgétaire 2026. Elle a également exprimé son refus de la 'résignation' face à la baisse démographique, appelant à une Bretagne plus attractive pour les familles. Christian Guyonvarc'h a rappelé que la Région n'est pas sous la 'tutelle' de l'État et doit affirmer ses prérogatives.
Stéphanie Stoll a insisté sur l'importance de la pluriannualité pour les fermetures et a interrogé sur les solutions pour maintenir des formations spécifiques comme la marqueterie à Landerneau. Agnès Le Brun, tout en approuvant la pluriannualité, a soulevé des interrogations sur les métiers en tension, la mixité garçon-fille et la situation de l'enseignement agricole, un secteur déjà fragilisé par la crise agricole et alimentaire en Bretagne. Gladys Grelaud a salué la démarche pluriannuelle et la priorité donnée aux métiers de l'industrie et de l'agriculture, tout en critiquant le manque de transparence du rectorat. Ces enjeux rejoignent les débats sur la gestion des ressources humaines souvent évoqués lors de l'ajustement du tableau des emplois régional.
Forough Dadkhah a défendu la démarche, insistant sur la nécessité de faire des choix en raison de moyens limités. Elle a précisé les raisons de certaines fermetures et a réitéré la volonté de la Région d'améliorer le dialogue avec le rectorat, notamment en proposant un groupe de travail pour anticiper les sujets de fermeture. Christian Guyonvarc'h a présenté un amendement visant à refuser les 12 propositions de fermeture, dans l'attente d'une révision plus complète du processus. Le débat a illustré la complexité des enjeux, la tension entre les prérogatives régionales et étatiques, et la volonté de la Région de trouver des solutions, y compris en envisageant d'exercer une compétence plus complète sur la carte des formations.
