La fiscalité constitue l’une des principales décisions de la séance du 23 avril 2026. Le budget municipal prévoit une hausse de cinq points du taux de taxe foncière, porté à 24,98 %, ainsi que du taux appliqué aux résidences secondaires, fixé à 23,43 %. La Ville attend environ 7,8 millions d’euros de recettes supplémentaires, avec une augmentation moyenne estimée à 12 euros par mois pour les particuliers. Le budget prévoit 109,4 millions d’euros de fonctionnement, 29,3 millions d’euros d’investissement, 11 millions d’euros d’épargne brute et 24 millions d’euros de dépenses d’équipement. Adopté par la majorité, il a été rejeté par les trois groupes d’opposition. Les règles de fixation des taux sont détaillées dans le guide consacré au vote des impôts locaux.
Familles, écoles et solidarité
Plusieurs mesures concernent directement les enfants et les familles. L’aide municipale aux bacheliers est reconduite à hauteur de 400 euros pour une mention assez bien et de 800 euros pour une mention très bien. La commission d’attribution des places en crèche conserve son examen individualisé, sans barème à points, dans un contexte où le taux de couverture de la petite enfance atteint 86,5 %. La Ville accorde aussi 941,46 euros par élève aux écoles privées sous contrat pour 410 élèves, tandis qu’une classe doit fermer à Boileau et qu’une autre doit ouvrir à Queneau. Les enjeux de répartition des compétences sont rappelés dans le dossier sur la gestion des écoles.
La convention conclue avec la Caisse d’allocations familiales fixe jusqu’en 2030 des priorités pour la petite enfance, la jeunesse, la parentalité et l’inclusion. Son diagnostic recense 683 foyers exposés à la précarité et 3 144 foyers bénéficiaires d’une prestation de solidarité. Il relève aussi que près d’un enfant sur deux vivant dans une famille monoparentale se trouve sous le seuil de bas revenus, tandis que 579 bénéficiaires d’une aide au logement consacrent au moins 40 % de leurs ressources à leur logement.
Le conseil a par ailleurs reconduit six comités de quartier et attribué 613 930 euros à 66 associations, en complément de 1,97 million d’euros pour le centre communal d’action sociale. La répartition des subventions donne une place importante au sport et a suscité des réserves de l’opposition, notamment sur le niveau du soutien à la culture. Les débats sur les aides et les services sociaux peuvent être rapprochés du fonctionnement de l’action sociale locale.
Emplois municipaux et services de proximité
La Ville revalorise les vacations des infirmières intervenant au centre municipal de santé et dans les soins à domicile, à 45 euros bruts de l’heure en semaine et 55 euros les week-ends et jours fériés. Un audit des ressources humaines est annoncé dans un contexte de difficultés de recrutement. Le tableau des effectifs municipaux passe de 1 144 à 1 080 postes budgétaires, soit 64 postes en moins, principalement dans les secteurs social et médico-social, tandis que des postes sont créés dans la petite enfance et l’administration. En parallèle, 215 professionnels des crèches bénéficieront d’un bonus mensuel de 100 euros nets, cofinancé aux deux tiers par la Caf.
La séance a également fixé les modalités des élections professionnelles du 10 décembre 2026. Les 936 agents de la Ville et du centre communal d’action sociale éliront leurs représentants au comité social territorial, avec un vote à l’urne pour cette instance et pour sa formation spécialisée. Le marché de nettoyage et d’entretien du Pôle Santé Solidarité sera renouvelé, une externalisation contestée par Montrouge Populaire, qui a voté contre.
Logement, nature et énergie
Sur le logement, la commune garantit à 100 % un emprunt de 2,206 millions d’euros destiné à financer 16 logements sociaux dans un programme de 43 logements rue Périer. En contrepartie, trois logements sont réservés à la Ville. La garantie a été adoptée à l’unanimité, même si un élu d’opposition a jugé l’équilibre de l’opération défavorable à la commune.
Le conseil a aussi validé l’acquisition de deux parcelles rue Amaury-Duval pour 650 000 euros. Le site atteindra 658 mètres carrés et doit accueillir un espace mêlant agriculture urbaine, nature et loisirs. Ce choix, soutenu par la majorité, a été accueilli par des abstentions de l’opposition, qui aurait préféré y développer des logements sociaux.
Enfin, le projet de géothermie sur le site de la Faculté dentaire prévoit un investissement estimé à 28 millions d’euros, soutenu par 11 millions d’euros de subventions de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. Le forage est annoncé en 2026 et le futur délégataire du réseau de chaleur doit être désigné en juin. Ces décisions complètent les orientations budgétaires et les arbitrages d’aménagement présentés dans les articles consacrés au budget 2026, à la convention avec la Caf et au projet de géothermie.
