Lors de la session plénière, Virginie d'Orsanne, conseillère régionale du Rassemblement National, a interpellé le président sur l'attribution d'une subvention à une artiste plasticienne dont des œuvres, des 'broderies', porteraient des inscriptions considérées comme 'insultantes' envers les forces de police ('nique la BAC') et des motifs pornographiques. Elle a interrogé la pertinence d'un tel financement public 'allant à l'encontre du respect de la loi et de ceux qui en sont garants', demandant si le président avait connaissance de ces œuvres et quelles mesures seraient prises pour éviter de financer de telles productions.
Gaëlle Le Stradic, vice-présidente en charge de la culture, a répondu en précisant que le financement, d'un montant de 35 000 euros, concernait un projet porté par l'association Quinconce de Montfort-sur-Meu, visant à commémorer la grève des ouvrières de conserverie de Douarnenez en 1924 à travers l'art de la broderie. Ce projet, qui s'inscrit dans la valorisation du patrimoine immatériel breton, au même titre que la protection des langues de Bretagne, invite à 'faire dialoguer histoire, création et transmission'.
La vice-présidente a catégoriquement nié le financement de productions appelant à la violence contre les policiers. Cette défense intervient alors que la collectivité s'attache par ailleurs à garantir la sécurité dans les lycées et les transports. Elle a critiqué la lecture 'littérale' et 'hors contexte' des œuvres de l'artiste par la conseillère RN. Rappelant que l'art, et particulièrement l'art contemporain, vise à 'interroger le monde', Gaëlle Le Stradic a affirmé la volonté du Conseil régional de Bretagne de 'protéger les espaces de création' et 'défendre la pluralité des voix'.
La majorité a insisté sur le fait qu'elle n'avait 'résolument pas le même projet de société' que le RN. Ce positionnement fait écho à d'autres oppositions marquées lors de la session, notamment sur les incohérences dénoncées face au RN ou sur la gestion de la solidarité en mer. Le président Loïg Chesnais-Girard a clôturé le débat en réaffirmant l'attachement de la majorité à la liberté d'expression et à la non-ingérence dans les choix artistiques.
