Réuni à Dinan pendant les travaux de son hémicycle rennais, le Conseil régional de Bretagne a tenu une séance dense, ouverte par l’installation de Bruno Quillivic et un hommage à Marguerite Lamour. La journée a été présentée par Loïg Chesnais-Girard comme une session consacrée aux transitions, avec une ligne politique revendiquée autour de la justice sociale, de l’urgence climatique et de la souveraineté énergétique, industrielle et alimentaire.
Planification écologique et tensions agricoles
Les élus ont adopté le Plan de transition bas carbone 2026-2028, qui fixe une trajectoire interne de réduction des émissions de la collectivité, en ciblant notamment les transports BreizhGo et les lycées. La modification n°2 du SRADDET a, elle, ouvert un débat plus large sur l’aménagement régional, l’énergie, la sobriété foncière, les déchets, la biodiversité et l’agriculture. Ces échanges ont mis en évidence des désaccords importants : certains groupes redoutent une contrainte excessive sur les filières, tandis que d’autres jugent la transformation écologique trop timide.
Lycées, énergie et infrastructures du quotidien
La Région a aussi adopté un éco-référentiel destiné aux lycées publics bretons, pour encadrer les rénovations, constructions et aménagements d’un patrimoine scolaire estimé à environ 1,8 à 2 millions de m². Sur l’énergie, la prise d’acte du rapport de la Chambre régionale des comptes a rappelé la dépendance de la Bretagne, qui importe les deux tiers de l’électricité qu’elle consomme, et relancé les débats sur Breizh Énergie et l’éolien en mer. La fibre optique a également été abordée, l’exécutif défendant le chantier Mégalis et un objectif de couverture complète fin 2026.
Économie, santé des jeunes et fonctionnement régional
La séance a également traité de sujets très concrets pour les habitants et les territoires. La reprise de France Poultry par LDC a été saluée comme une solution pour les 314 emplois du site, près de 120 éleveurs intégrés et la réorientation de la filière volaille vers les marchés français et européen. Dans les lycées, la Région veut renforcer la prévention contre le protoxyde d’azote, en mobilisant Karta, Corres’Santé, les Points accueil écoute jeunes, le Conseil régional des jeunes, l’État et l’Agence régionale de santé.
Enfin, plusieurs décisions ont concerné l’administration régionale elle-même : ajustement limité du tableau des effectifs, désignation d’un référent déontologue pour les élus, puis validations dans les organismes extérieurs et commissions. La séance, levée après 18 heures, a confirmé que les transitions se jouent au quotidien dans les missions confiées aux élus selon la composition du conseil régional, tant dans les grands schémas que dans les bâtiments scolaires ou les transports.
