La Région Bretagne a présenté sa stratégie ambitieuse de relocalisation par les achats des entreprises, une initiative visant à dynamiser l'économie locale et à renforcer la souveraineté territoriale. Loïc Hénaff, conseiller régional délégué, a souligné l'urgence de cette démarche face à une économie devenue trop vulnérable et dépendante des chaînes d'approvisionnement lointaines.
Le rapport met en évidence une prise de conscience collective de la fragilité de notre système productif, avec des exemples concrets de délais de livraison et de pertes économiques liées à la mondialisation. En s'appuyant sur l'héritage de 'Produit en Bretagne', la Région vise à étendre la logique d'achat local au monde des entreprises. Les études 'Reloc'h 1' et 'Reloc'h 2' ont confirmé le potentiel colossal de cette approche, avec des milliards d'euros de valeur ajoutée mobilisables et des dizaines de milliers d'emplois potentiels. Cette initiative s'inscrit dans une dynamique globale de soutien au territoire, à l'instar des efforts menés pour favoriser les achats responsables dans la commande publique.
La stratégie repose sur une démarche structurée de sensibilisation et de formation, impliquant un large comité de pilotage d'acteurs économiques bretons. Des outils innovants, comme l'Indice Breton de l'Achat Local (IBAL), ont été développés pour permettre aux entreprises de mesurer et d'optimiser leurs achats locaux. Cette approche, loin d'être un repli, est présentée comme un moyen de renforcer la compétitivité, la qualité et la résilience des filières bretonnes, du bois au numérique, en passant par l'agroalimentaire, secteur durement touché par la crise agricole actuelle.
Les interventions des groupes politiques ont globalement salué cette initiative, tout en soulevant des points de vigilance. Gilles Pennelle a rappelé l'historique du protectionnisme et les contradictions passées sur la mondialisation, un sujet qu'il a également porté lors des débats sur le Mercosur. Tristan Bréhier a insisté sur la nécessité de penser le temps long et les opportunités pour l'économie bretonne, mais a demandé des exemples concrets de réussite. Aziliz Gouez a appelé à une approche plus approfondie de la finitude des ressources et à une meilleure territorialisation des expérimentations. Isabelle Le Callennec, tout en soutenant l'idée de relocalisation, s'est inquiétée des contraintes potentielles pour les entreprises et de la 'conditionnalité' des aides, ravivant le débat sur le versement mobilité additionnel et l'ingérence dans la vie des entreprises.
Loïc Hénaff a réaffirmé l'objectif de sensibilisation plutôt que d'obligation et a souligné l'importance de l'IBAL comme outil d'aide à la décision. Dans un contexte de fortes incertitudes budgétaires, il a insisté sur la supériorité économique et environnementale des solutions locales, comme le granit breton, et a promis un renforcement des actions et partenariats pour créer un mouvement massif de relocalisation dans toute l'économie bretonne.
