À Lorient, les personnes se présentant comme supporters du Stade Brestois 29 ou se comportant comme telles ne pourront pas accéder à la ville le lundi 2 novembre, de 11 h à minuit. La restriction s’applique à toute la commune, pas seulement au stade Yves Allainmat, où le match de Ligue 1 est prévu à 20 h 45.
La rencontre oppose le FC Lorient au Stade Brestois 29. Cette mesure remplace celle du 28 octobre, qui encadrait l’accès des supporters brestois au stade et leur fixait un point de rendez-vous.
Une rivalité marquée par des incidents
Pour justifier cette restriction, le préfet invoque des affrontements et des tentatives d’affrontement lors de précédentes rencontres entre les deux clubs, notamment à Lorient en 2016, 2017 et 2020, puis à Brest en 2022. Les incidents ont parfois fait des blessés. D’autres matchs se sont déroulés sans heurts majeurs : le 31 mars 2024, aucun incident n’a troublé la rencontre à Lorient malgré la présence de 673 supporters visiteurs, mais des banderoles insultantes ont été déployées par les deux camps.
Les épisodes plus récents pèsent aussi dans l’évaluation du risque. Le 7 février 2026, à Brest, l’usage de 37 engins pyrotechniques par les supporters brestois et de 30 par les supporters lorientais a retardé le coup d’envoi. La rencontre a ensuite été interrompue pendant quatre minutes après un nouvel usage massif de ces engins. Le 5 octobre, le local des Celtic Ultras a été cambriolé et du matériel dérobé. Le préfet indique qu’aucun élément probant ne permet d’attribuer ces faits aux ultras lorientais, mais estime l’implication des ultras brestois établie.
Un risque évalué au niveau 4
La rencontre est classée au niveau de risque 4 par la division nationale de lutte contre le hooliganisme, en raison du contentieux entre les groupes de supporters et de la présence annoncée de supporters à risque. Plus de 14 500 personnes sont attendues. Le préfet souligne aussi la proximité entre Brest et Lorient, qui permet aux visiteurs de venir par leurs propres moyens et de circuler hors de la tribune qui leur est réservée.
Le préfet estime que ces éléments pourraient entraîner des rassemblements autour du stade et dans la ville. Il tient également compte des missions de sécurité liées à la menace terroriste et au niveau « vigilance renforcée » du plan Vigipirate. Selon son analyse, l’interdiction doit prévenir des troubles graves et éviter de détourner les forces de l’ordre de leurs missions prioritaires.
Les infractions à l’interdiction pourront être constatées et poursuivies conformément aux lois et règlements en vigueur. Un recours gracieux peut être adressé au préfet ou un recours hiérarchique au ministre de l’Intérieur dans les deux mois suivant la publication. Un recours contentieux peut également être déposé auprès du tribunal administratif de Rennes.