Face au manque d’eau, le débit réservé à l’aval du barrage de Bois-Joli, entre Pleurtuit et Ploubalay, est temporairement abaissé à 15 litres par seconde. Cette valeur correspond au vingtième du débit moyen annuel de référence, contre un dixième auparavant.
La mesure concerne l’approvisionnement assuré par Eau du Pays de Saint-Malo. Elle s’applique dans un contexte de crise sécheresse en Ille-et-Vilaine et dans les Côtes-d’Armor, alors que le Frémur connaît un étiage naturel exceptionnel. Entre mars et août 2026, 171,2 millimètres de pluie ont été relevés à Dinard, ce qui en fait la deuxième période la plus sèche depuis 1950, derrière 1976.
Une dérogation sous surveillance
La baisse du débit doit s’effectuer progressivement sur au moins deux jours. Les volumes stockés et prélevés ainsi que les débits en amont et en aval sont transmis chaque jour au service chargé de la police de l’eau de la préfecture d’Ille-et-Vilaine.
À 100 mètres du rejet, la température, l’oxygène dissous, le pH et la turbidité sont mesurés quotidiennement. La vie piscicole fait également l’objet d’une observation visuelle. Le niveau de saturation en oxygène doit rester au moins égal à 50 %. S’il passe sous ce seuil, le débit est augmenté, dans la limite de l’ancien niveau réservé.
La mesure reste en vigueur jusqu’au 30 novembre 2026. À cette date, le débit réservé antérieur doit être rétabli. La réduction appliquée aux barrages de Mireloup et Beaufort répond au même épisode de sécheresse et prévoit elle aussi un suivi quotidien.
Un contexte hydrologique très tendu
Les besoins en eau sont supérieurs de 10 % à ceux de 2023. Les prévisions ne font état d’aucune précipitation significative à quinze jours, alors qu’il faudrait entre 100 et 150 millimètres de pluie pour relancer efficacement les écoulements. La commission locale de l’eau du SAGE Rance, Frémur, baie de Beaussais est informée de la mesure.
