Le conseil municipal a exprimé une opposition quasi unanime face au projet de raccordement électrique des parcs éoliens sud-bretons porté par RTE. Les élus s'inquiètent de l'impact visuel et écologique majeur sur des zones hautement protégées, notamment le massif dunaire de Gâvres-Quiberon et les sites mégalithiques récemment classés au patrimoine mondial de l'UNESCO. Le projet prévoit le passage de lignes à haute tension de 225 000 volts sous les plages d'Erdeven pour rejoindre Pluvigner, traversant ainsi plusieurs espaces naturels sensibles du territoire.
Une méthode de consultation contestée
Au-delà des enjeux environnementaux, c'est la précipitation des services de l'État qui a suscité l'agacement des élus locaux. Avec un dossier technique de 7 000 pages et un délai de réponse limité à deux mois, la municipalité dénonce un simulacre de débat public. Plusieurs conseillers ont souligné le paradoxe imposé aux communes : l'État exige des études environnementales drastiques pour de simples mouillages de bateaux, mais semble vouloir accélérer l'industrialisation du littoral sans garanties suffisantes pour la biodiversité marine et les activités de pêche.
Défense du patrimoine littoral
En rejoignant la position du Département du Morbihan, la mairie de Locoal-Mendon affirme que les paysages marins ne sont pas négociables. Les craintes portent également sur le foncier agricole, plusieurs propriétaires privés voyant leurs parcelles potentiellement impactées par le tracé des lignes souterraines bétonnées. Malgré l'urgence climatique invoquée par le gouvernement, les élus estiment que ce projet ne garantit en rien la préservation du milieu marin ni la cohérence de l'aménagement du territoire breton.
