L'agriculture belliloise est à un tournant critique. Les élus de la communauté de communes de Belle-Île-en-Mer ont adopté à l'unanimité une motion pour s'opposer à la suppression du Projet Agro-Environnemental et Climatique (PAEC) spécifique à l'île. L'État envisage en effet de fusionner les dispositifs locaux au profit d'un grand plan régional, ce qui entraînerait mécaniquement la fin de l'animation locale et des budgets dédiés à la préservation des milieux naturels insulaires. Cette mobilisation fait suite à d'autres vifs échanges récents au sein du conseil concernant la protection des ressources de l'île.
Un risque majeur pour 50 hectares de prairies
Cette décision administrative pourrait avoir des conséquences concrètes désastreuses sur le terrain. La suppression des mesures spécifiques "biodiversité" empêcherait le financement de près de 50 hectares de nouvelles surfaces que des agriculteurs souhaitaient engager en 2026. Tandis que certains acteurs locaux, comme la Brasserie Tralala, s'orientent vers l'agriculture biologique, le conseil dénonce un risque d'accentuation des inégalités territoriales. Les élus craignent que les dossiers des agriculteurs de l'île ne soient noyés dans la masse des demandes régionales, sans garantie de budget. La collectivité demande le maintien de l'animation locale qui a prouvé son efficacité, avec 85% des éleveurs déjà engagés dans la démarche. Parallèlement à ces enjeux agricoles, la collectivité reste attentive à sa politique sociale, notamment à travers une tarification plus juste pour l'accueil des enfants, et à la rénovation du bâti pour loger les actifs à l'année.
